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  Coeur de Marie : Association des Amis de Notre de Dame de Fatima

L'Association a prononcé sa dissolution lors de son Assemblée Générale, le 24 janvier 2009, à Bourg-de-Péage. Elle continue au travers de l'Association Un Seul Coeur.

A l'occasion de la célébration du 40° anniversaire des premiers samedis du mois, le 2 mai 2009, dans l'église de La-Baume-d'Hostun (Drôme), le Père Marie-Van, du Carmel missionnaire de la Vierge Marie, a donné cette importante conférence :

 

CONFERENCE DU PERE MARIE-VAN

 

LE THEME PROPOSE A NOTRE MEDITATION                      

« Marie, Mère de tous ceux qui ne sont pas atteints par l'évangélisation, et qui, même si l'évangélisation était parfaite, ne seront jamais atteints explicitement ou directement. Il me semble que c'est d'eux dont Marie manifeste son souci à Fatima. Celles et ceux et qui ne seront jamais atteints sont en faits pris en charge par le Cœur de Marie qui demande des associés pour l'aider à les porter. Et elle veut s'adjoindre des âmes pour ça. C'est en fait toute la part contemplative de l'évangélisation... En quelque sorte, un commentaire de la prière de l'ange à Fatima : « Mon Dieu, je  crois, j'adore, j'espère, et je vous aime et je vous demande pardon  pour tous ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, et qui ne vous aiment pas ».

 

INTRODUCTION

Porter, uni au Coeur de Marie toutes les âmes qui ne connaissent pas Dieu, parce qu'elles n'ont pas été atteintes, touchées, par la Bonne Nouvelle du salut en Jésus , et bien sûr, aussi, accompagner, par la prière, les âmes qui ont reçu l'Évangile, mais qui ne l'ont pas encore laissé porter un fruit de sainteté, selon le plan de Dieu, – voilà un programme exaltant et audacieux, qui est tout à la fois contemplatif et missionnaire –, parce que la contemplation, et plus précisément la prière et la vie contemplative sont éminemment missionnaires (Cf. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions). Elles sont l'épanouissement normal de la vie baptismale. Et c'est votre programme, depuis 40 ans, unis au Cœur de Marie, en Église, à travers des actes de la vie évangélique les plus simples et les plus profonds – la confession (lieu de conversion et de sainteté), la récitation du chapelet (chemin d'union et de mission avec Marie) et l'eucharistie (mystère de communion transformante à l'amour de Dieu, pour porter un fruit d'Église).

PLAN

Je vous propose une triple approche du thème que Pierre a offert à notre méditation, avec une certaine touche carmélitaine qui, je l'espère, ne vous surprendra pas trop :

I - Le toucher de la Miséricorde, source de compassion véritable

II - C'est la sainteté qui sauve le monde – l'apostolat de la sainteté

III – Avec Marie, « croire, adorer, espérer et aimer... » pour tous les hommes

 

Premier volet : I - LE TOUCHER DE LA MISÉRICORDE COMME SOURCE DE COMPASSION VÉRITABLE

Le programme de l'évangélisation par la prière et la prière contemplative est un fait indéniable. Mais personne, me semble-t-il, ne peut vouloir vivre un tel programme, porter en soi le désir du salut des âmes, si Dieu lui-même ne le met pas dans son cœur.

Pour cela, il faut, d'une part, avoir rencontré personnellement le Christ vivant et ressuscité : « Il est vivant le Dieu devant qui je me tiens » criait déjà Elie dans l’Ancien Testament (1 R 17, 1).

D'autre part, il faut avoir été mystérieusement traversé par le mystère de l'Église et de la communion des saints , avoir été mis en contact, en relation d'une manière spirituelle et mystique, avec ces âmes - non évangélisées - mais connues en Dieu.

Ainsi donc, vouloir rejoindre et toucher tous les hommes, spécialement ceux qui ne connaissent pas Dieu - « ceux que l'évangélisation n'a pas encore atteints », provient, découle premièrement d'une expérience personnelle, plus ou moins forte, plus ou moins consciente, ou soi-même, on a été trouvé, rejoint et touché, à la fois par Jésus, par sa Mère, ou par l'Église, dans ses saints.

Cette expérience, je la reconnais dans ma vie comme une expérience de Miséricorde, qui m'a saisi et qui a fait de moi, un instrument de l' amour divin. Si je peux confesser avec Elie qu' « il est vivant le Dieu devant qui je me tiens », je peux alors ajouter, encore avec Elle : « Et je brûle d'un zèle jaloux pour mon Dieu Yahvé Sabaot ! » (1 R 19, 10), c'est-à-dire je brûle de zèle pour les âmes éloignées de Dieu et pour lesquelles Jésus, source d'amour et de Miséricorde pour tous les hommes, a manifesté sa soif, à la Croix (Jn 19, 28). Du fond de mon coeur, uni au Coeur de Jésus en Croix, l'amour jaillit et s'épanche, dans son double mouvement, à la fois de reconnaissance et d'action de grâce vers Dieu de Miséricorde , et à la fois de compassion et de miséricorde, envers mon prochain, en Dieu. C’est tout simplement la vie chrétienne fervente.

A l'origine de votre groupe de prière, il y a cette expérience de la Miséricorde , il y a l'expérience de son fondateur, Gabriel Vignon. Je pense à la protection miraculeuse pendant la deuxième guerre mondiale, grâce à laquelle il a gardé la vie. Quand on a vécu ce contact, ce toucher de la Miséricorde qui offre comme un surcroît de vie, on n'a plus qu'un désir, celui d'attirer tous les hommes à la Miséricorde. Sûrement votre groupe de prière doit-il beaucoup à cette épiphanie de la Miséricorde, rayon de tendresse au bord de l'enfer, au pire de la nuit et de l'angoisse.

 

Cela me fait penser à l'expérience particulière qu'a vécue Thérèse d'Avila un jour, pendant son oraison. Elle a eu une vision de l'enfer avec la place que lui avaient préparé les démons. Elle a vu aussi, autour d'elle, les âmes qui, nombreuses, se perdaient, à l'occasion du schisme de la Réforme et des guerres de religion qui ont ravagé en particulier la France, au XVI° siècle. Les enfants de Fatima, tout enfants qu'ils étaient, ont eux aussi vu l'enfer et l'on sait l'impact et le fruit que cette vision a eu dans leur courte ou longue vie, ainsi que la place de cela tient dans le message de Fatima.

Pour Thérèse d'Avila, le fruit de cette vision est double

-  Ce qu'elle a vu tout d'abord de l'Enfer, c'est « la place que les démons lui avaient préparé et qu'elle avait, dit-elle, méritée par ses péchés » (Vie, chap. 32, p. 344). Cette vision a été pour elle l'une des plus grandes grâce de sa vie. Elle a compris d'où le Seigneur, par sa miséricorde, l'avait délivrée (cf Vie, p. 346-347).

-  Cette expérience a bouleversé sa vie, et elle a eu un retentissement considérable sur sa mission dans l'Église, et c'est le second fruit de la vision « Cette vision a fait naître en moi une indicible douleur (compassion) à la vue de tant d'âmes qui se perdent, [ ... ] Elle m'a donné en outre les plus ardents désirs de travailler à leur salut (l'action à travers la sanctification personnelle et à travers la prière d'intercession) : pour arracher une âme à de si horribles supplices, je le sens, je serais prête à immoler mille fois ma vie (le sacrifice qui unit au sacrifice Rédempteur) » (Vie – chap. 32, p. 347-348).

La vérité chrétienne nous met ainsi, parfois, devant le fait et le constat que l'amour de Dieu est inséparable de l'amour du prochain. Dans le mystère du salut, nous sommes solidaires et responsables les uns des autres. « Le monde est en feu, écrivait encore Thérèse d'Avila, [ ... ] ce n'est pas le temps de traiter avec Dieu des affaires peu importantes » (Le Chemin de la perfection, chap. 1, p. 585). C'est la même urgence qui a suscité les termes de la prière de l'ange à Fatima : « Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime , et je demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas et qui ne vous aiment pas ». Et encore cette prière : « 0 mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui en ont le plus besoin de votre miséricorde ».

Il suffit d'allumer son poste de télévision pour voir ce feu à travers toutes les crises, toutes les colères, toutes les violences qui embrasent le monde et qui mettent beaucoup d'âmes en danger. Comment éteindre ce feu, comment sauver nos frères et nous avec !, sinon par l'intérieur, – restant sauf, bien sûr, que ce que l'on peut faire de l'extérieur est à faire avec empressement –, sinon par la prière qui s'abandonne et se donne à Dieu dans la confiance et l'espérance , prière qui seule, dans l'amour, peut changer le coeur de l'homme en profondeur et durablement.

Comme écrit Paul aux Corinthiens : « Un membre souffre-t-il ? Tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l'honneur ? Tous les membres prennent part à sa joie » (1 Co 12, 26). J'ajouterai : «un membre guérit-il ? Un membre se sanctifie-t-il ? Tous les membres guérissent, tous les membres se sanctifient avec lui ».

Combien Jésus et Marie ont besoin de notre prière, de nos sacrifices, pour toucher le cœur des hommes et, non seulement pour compenser, mais aussi pour réparer.

Comment ? Par le « plus » de notre foi, le « plus » de notre adoration, le « plus » de notre espérance, le « plus » de notre amour. Sans négliger le « plus » quantitatif, je voudrais, aujourd'hui, mettre l'accent sur le « plus » qualitatif, sans lequel, d'ailleurs, le « plus » quantitatif serait vain.

Dans le document de présentation de votre groupe de prière, il y a cette présentation de l'esprit de « réparation » qui vous anime et qui devrait animer toute l'Église militante : « La réparation consiste à essayer de rendre amour pour amour. Il s'agit d'un "plus", accompli avec générosité, pour louer le Seigneur et le remercier de tous ses bienfaits ».

Comment caractériser encore ce « plus » ? De manière primordiale je dirai que ce « plus » d'amour, c'est le « plus » de la sainteté, car en effet, il existe un rapport absolu entre la croissance spirituelle et l'engagement apostolique et missionnaire. Oui, la fécondité de ma prière et de ma vie humaine dépendent de ma marche vers la sainteté ; une sainteté audacieuse et incarnée, qui jaillit quotidiennement de l'épaisseur de mon humanité, une sainteté qui, écrivait Jean-Paul II dans Novo Millennio Ineunte, n'est rien d'autre que le « "Haut degré" de la vie chrétienne ordinaire » (n° 31).

Deuxième volet : Il - C'EST LA SAINTETE QUI SAUVE LE MONDE - L'APOSTOLAT DE LA SAINTETE

N'est-ce pas dans l'appel à la sainteté que nous reconnaissons notre vocation originelle et éternelle : « Il nous a élus, en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour » (Ep 1, 4). Le concile Vatican II a rappelé dans Lumen gentium, n°s   39-42, que l'appel à la sainteté est : universel. !

Qu'est-ce que la sainteté sinon la mise en œuvre de notre baptême qui s'accomplit, dans la perfection de l'amour de Dieu en nous. « Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et j'aime » ! « J'aime ». Cet amour, c'est-à-dire la charité en acte, dans ma vie, creuse le sillon de la sainteté. Aimer, et aimer aussi bien dans la vie active que dans la vie contemplative, c'est là l'unique nécessaire ! La sainteté, qui est « la charité en acte », sauve le monde, et plus que n'importe laquelle de nos actions. Vous connaissez sans doute le mot célèbre de Jean de la Croix, dans le Cantique spirituel: « Il n'est pas d'œuvre meilleure ni plus nécessaire que l'amour (CSB 29, n'l, p. 1373). [ ... ] La moindre parcelle de pur amour est plus précieuse aux yeux de Dieu et aux yeux de l'âme, elle est plus profitable (utile) à l'Église, dans une apparente inaction, que toutes les autres œuvres ensembles » (CSB 29, n° 2, p. 1373).

La sainteté, c'est une vie reçue en Dieu et de Dieu , c'est une vie progressivement prise et conduite par l'action de l'Esprit Saint, où le Père m'attire dans une ressemblance de plus en plus filiale avec le Fils.

« Soyez saints, car moi je suis saint » (Lv 19, 2). Saint Paul appelait habituellement les croyants « les saints » (I Co 1, 1-2).

Or nous sommes de ces « saints », si nous croyons, et plus encore si nous adorons, si nous espérons et si nous aimons, sous la conduite de l’Esprit de vérité et de liberté.

La sainteté, c'est une vie qui prend sa source en Dieu, une vie qui est de plus en plus agie par Dieu lui-même : « Ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

Et ainsi, la vie devient contemplative, quels que soient : l'activité, l'état de vie, le devoir d'état qui sont les miens.

C'est une vie qui se construit dans la dynamique de l'union transformante à Dieu, par la prière et la charité fraternelle, dans la foi, l'adoration, l'espérance et l'amour.

La prière, que l'ange a apprise aux enfants de Fatima, et qui est un moyen fort donné par Dieu, pour se sanctifier et sanctifier le monde, est sûrement puissante ; mais pour être pleinement efficace, cette prière doit conduire, ou bien jaillir, d'une vie concrète de sainteté, sainteté qui, on le sait, sera toujours un don, un cadeau de Dieu auquel nous devons sans cesse nous disposer.

« Croire, adorer, espérer et aimer » me fait donc ressembler à Dieu. Nous sous-estimerons toujours un peu la vérité et la puissance extraordinaire de la vie théologale qui « fait » le chrétien et le saint.

La « foi », la « vie de foi », c'est-à-dire la vie théologale dans son ensemble où la foi, l'espérance et l'amour-agapè sont inséparables dans leur fonctionnement, est « le moyen prochain et proportionné que requiert l'union de l'âme avec Dieu par amour» (Jean de la Croix, La Montée du Carmel II, 9, n° 1, p. 669). C'est l'unique moyen. Il n'y en a pas d'autre !

La « vie de foi » nous unit à Dieu et nous donne Dieu tel qu'il est : «  il y a en effet une telle similitude entre la foi et Dieu, qu'il n'y manque que la seule vision. Dieu est infini, la foi nous le propose infini ; il est Un en Trois [Personnes], la foi nous le propose Un en Trois [Personnes] » (ibid., p. 663).

De l'union à Dieu, dans la foi, l'espérance, la charité et l'adoration, résulte ainsi une transformation et une ressemblance d'amour avec une telle union, la volonté de Dieu et ma volonté, sont alors appelées de plus en plus à devenir « tellement conformes [l'une à l'autre] qu'il n'y a alors rien en l'une qui répugne à l'autre » (Jean de la Croix, La Montée du Carmel II, 5, n°3, p. 645). « L'âme alors semble plutôt Dieu qu'elle-même, et il est exact de dire qu'elle est Dieu par participation » (ibid., n°7, p. 647). Elle vit au souffle de l'Esprit de Dieu qui la conduit selon son bon plaisir. Dans sa vie spirituelle, dans sa prière devenue contemplative – c'est-à-dire une prière qui est prise par Dieu, qui est devenue l'œuvre de Dieu, une action de Dieu en elle – l'âme ne veut plus, par folie d'amour, que ce que Dieu veut, et, ô merveille, voilà aussi que Dieu, également par folie d'amour, veut : ce que l'âme, elle, veut !

Ecoutons un instant ce dont nous témoigne Thérèse d'Avila sur cette union avec Dieu dans la volonté et l'amour : « Dieu, écrit Thérèse d'Avila, commence à montrer à l'âme tant d'amitié que non seulement il lui rend sa volonté, mais il lui donne en même temps la sienne propre. Dès lors qu'il la traite ainsi, il prend plaisir à voir ces deux volontés commander pour ainsi dire à tour de rôle » (Chemin de la perfection, chap. 34, citation du Père Marie-Eugène, Je Veux Voir Dieu, p. 1074).

Par amitié, par amour pour moi, Dieu ne peut pas alors me refuser ce que je lui demande, quand « je lui présente et lui demande pardon », « pour tous ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, et qui ne l'aiment pas » parce que moi-même, je me donne à lui, en lui offrant, dans mon cœur, le « plus » d'amour, et le « surcroît » de réparation, de « ma » de foi, de « mon » adoration, de « mon » espérance.

Tous comme les enfants de Fatima, Thérèse d'Avila voulait toucher les âmes avant qu'elles ne se perdent ; elle voulait aussi rejoindre « les millions d'âmes qui, aux Amériques, disait-elle, se perdaient faute d'instruction religieuse » (Fondations, chap. 1, p.1074-1075). (« Tous ceux qui ne sont pas atteints par l'évangélisation ! »).

Comment ? En vivant sa vie du mieux possible, selon l'état de vie qui était le sien : « Recherchant donc ce que je pourrais faire pour sa gloire, il me sembla que je devais commencer par satisfaire aux devoirs de ma vocation, en gardant ma règle avec la plus parfaite fidélité dont je serais capable » (Vie, Chap. 32 , p. 349) ; « Ainsi je résolus de faire le tout petit peu qui était en moi, C'est-à-dire de suivre les conseils évangéliques avec toute la perfection possible, et de porter les quelques religieuses réunies ici à embrasser le même genre de vie » (Le chemin de la perfection, chap. un, p. 583-584).

Ce qui vaut pour Thérèse vaut pour nous. Devoir d'état, esprit des conseils évangéliques, vie théologale, croire, aimer, espérer, adorer ! Au quotidien, dans le quotidien.

Vivre, le mieux possible, selon l'esprit de l'Evangile, ce que mon devoir d'état me commande. Thérèse d'Avila disait qu'on pouvait trouver Dieu au fond des marmites , Marcel Van voulait sauver le monde en lavant des marmites... Thérèse de l'Enfant Jésus ramassait une épingle avec amour peut sauver une âme... Tout lui profitait et quand elle n'avait rien d'autre à faire que marcher, elle marchait, disait-elle, « pour un missionnaire ».Thérèse d'Avila, écrit au chapitre quatre des septièmes demeures : « [Mes filles], vous n'avez ni le pouvoir, ni les moyens de ramener des âmes à Dieu , n'ayant point mission d'enseigner ni de prêcher comme les Apôtres, vous ne savez comment faire (comment rejoindre ceux que l'évangélisation n'atteint  pas, surtout quand on est cloîtrée !)... Je vous ai déjà dit ailleurs que le démon nous suggère parfois des désirs ardents pour nous faire négliger de servir actuellement Notre-Seigneur dans des choses qui sont en notre pouvoir [ ... ]. Sans parler du bien considérable que vous pouvez faire aux âmes par l'oraison (et par exemple par la prière de l'ange vécue avec amour, dans un esprit de réparation), veuillez ne pas chercher à être utiles à tout le monde, mais aux personnes au milieu desquelles vous vivez, vous n'en aurez que plus de mérites, parce que vous avez plus d'obligations envers elles qu'envers les autres. [ ... ] Faites ce qui dépend de vous... Notre-Seigneur ne regarde pas tant à la grandeur de nos œuvres, qu'à l'amour avec lequel nous les accomplissons. Que tout le temps de notre vie... nous fassions à Notre-Seigneur tous les sacrifices intérieurs et extérieurs qui dépendent de nous. Il les unira à celui qu'il a offert pour nous sur la Croix à son Père, et leur donnera une valeur qui corresponde, non à la petitesse de nos œuvres, mais au mérite de notre amour » (Cf. Sainte Thérèse de Jésus, Livre des demeures, 7 D 4,14-15, Œuvres complètes, Seuil, Paris, 1949, p. 1058­1059).

Voilà l'apostolat de la sainteté ou de l'amour. Par notre prière et par nos sacrifices, conjoints aux sacrifices de Jésus et de Marie au pied de la Croix, nous méritons à notre tour le salut pour tous ceux que le Christ a déjà sauvés sur le Calvaire et qui ne l'ont pas encore reçu ou si peu. C'est par le pur amour, autrement dit, par le « plus » de la sainteté, que nous apportons à notre tour, notre coopération au salut des hommes, à l'intérieur du Corps mystique et de la communion de saints.

Troisième volet : III — AVEC MARIE, « CROIRE, ADORER, ESPERER ET AIMER... » POUR TOUS LES HOMMES

La foi est une dimension essentielle, un tissu pour notre existence chrétienne. « Vivre de foi », c'est la demande de Jésus et tout particulièrement de Marie à Fatima, pour porter nos frères et nos sœurs en humanité. Par la foi. au Christ, je suis en relation avec tous les hommes mes frères. Quand on croit, on ne peut pas, ne pas croire, « pour les autres » et c'est le monde entier qui est relié à mon acte de foi.

Tous les hommes sont concernés par la foi puisque c'est par la foi qu'on obtient la justification, la réconciliation, la relation juste, l'amitié avec Dieu :

«   Car nous estimons que l'homme est justifié par la foi sans la pratique de la Loi » (Rm 3, 28). C'est par la foi que nous obtenons le salut : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle (Jn 3, 16).

C'est par la foi que nous pouvons obtenir le salut pour nos frères, associés à la « foi de l'Eglise » et à « la foi de Marie ». Quand je crois, c'est-à-dire quand je prie, j'agis dans le monde. N'est-ce pas la prière du chapelet qui a remporté la victoire de Lépante , n'est-ce pas la prière insistante de l'Eglise qui a fait tomber le Mur de Berlin ?

La foi, oui, c'est vraiment sérieux ! Et « Croire, c'est jouer sa vie sur une parole » (Maurice Bellet). C'est ce qui arrive à Marie, à l'Annonciation, lorsqu'elle donne à Dieu son consentement à l'Incarnation, au nom de toute la nature humaine (Catéchisme de l’Eglise Catholique 511). C'est ce qui arrive encore à Marie quand elle offre, au Calvaire, sa vie, en participation au sacrifice du Christ sur la Croix. Dans le sacrifice du Christ Prêtre, la Vierge Mère offre le « sacrifice de sa foi » (He 11, 243) et devient notre Mère, « dans la foi » — « Femme, voici ton fils, voici ta Mère » (Jn 19, 25-27).

Dans la foi maternelle de Marie, il y a, cachée, une source pour irriguer notre foi jusqu'à aujourd'hui et pour demain encore.

Par sa foi, Marie a suscité le miracle de Cana qui a engendré les disciples « à la foi ». Au Calvaire, la foi de Marie l'emporte sur la foi des Apôtres qui doutèrent et s'enfuirent, désorientés. Le Samedi saint, « l'Eglise s'identifie à Marie : toute sa foi est rassemblée en Elle, la première croyante » (JP II, AG, 3 avril 1996, DC 5 mai 96, n°2137, p. 413). A la Pentecôte, Marie assiste de sa foi l'Eglise en prière. Après la Pentecôte, elle soutient la croissance de l'Eglise par le témoignage de sa foi et prend part, dans sa manière contemplative et cachée, au déploiement de la toute première évangélisation, sans aller sur le terrain : Elle n'en a pas reçu la mission.

Avec une perspicacité audacieuse, Jean-Paul II a écrit, dans l'encyclique Redemptoris Mater (28, 3), que : « Dans la foi de Marie, dès l'Annonciation et de manière achevée au pied de la Croix, s'est rouvert en l'homme l'espace intérieur dans lequel le Père éternel peut nous combler "de toutes sortes de bénédictions spirituelles ». Cet « espace », de liberté et de grâce uniques, c'est le Cœur immaculé de Marie qui demeure pour nous un refuge et un chemin vers le Père, espace dans lequel Dieu attire, pour les combler, tous les hommes. Cet espace, il existe aussi dans notre cœur  si nous croyons, et si nous nous unissons à la foi de Marie.

« Première des croyants » dans la Nouvelle Alliance, la « foi de Marie » nous apparaît comme un don de Jésus à l'Église qui est née de son Côté : « Voici ta Mère » (Jn 19, 27). Et je paraphraserai cette parole en mettant, dans la bouche de Jésus, ces autres paroles : « Voici pour toi, "la foi" de ma Mère et ta Mère ».

Associée par son fiat à l'Incarnation et par sa compassion à la Passion de son Fils, Marie est proclamée par la liturgie « Porte du ciel » car, dit la préface de la messe de « Marie porte du Ciel », Marie a rouvert,  grâce à sa foi, la porte de la vie éternelle qu'Eve avait fermée par son manque de foi et sa désobéissance 6. Par sa foi, Marie a dénoué ce que Eve avait noué par suite de son péché d'incrédulité.

Or cette foi, explique Jean-Paul Il (Redemptoris Mater 27, 1), nous apparaît, dans la « foi de l'Église », comme « un héritage spécial de la révélation de Dieu ». Dans la communion des saints, le « oui » de la foi, de l'amour, de l'espérance, et de l'adoration de Marie, appartient au « bien commun de Eglis » (Cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique 947), il est la source et le modèle de notre propre adhésion dans le Christ, par l'Esprit. C'est pourquoi, quiconque « accueille avec foi le mystère du Christ et accepte le témoignage apostolique de l'Église » dit encore Jean-Paul II, « participe, en un sens, de la foi de Marie »7. Et nous pouvons ajouter : de son amour, de son espérance, de son adoration.

Ainsi, si nous croyons, unis à la foi de Marie, associés dans la foi ecclésiale et maternelle de Marie, nous pouvons à notre tour, dénouer les nœuds de la désobéissance due au péché et rouvrir le chemin du salut pour ceux qui ne croient pas, n'adorent pas, n'espèrent pas, et n'aiment pas Dieu. « Participants » de la foi de Marie, notre cœur devient alors, à Marie, comme un « cœur de surcroît », dans le mystère du Christ et de l'Église.

Saint Louis-Marie Grignon de Monfort écrit dans le Traité de la vraie dévotion au n° 214 : « La Sainte  Vierge vous donnera part à sa foi, qui a été plus grande sur la terre que la foi de tous les patriarches, les prophètes, les apôtres et tous les saints. Présentement qu'elle est régnante dans les cieux, elle n'a plus cette foi, parce qu'elle voit clairement toutes choses en Dieu, par la lumière de la gloire ; mais cependant, avec l'agrément du Très-Haut, elle ne l'a pas perdue en entrant dans la gloire , elle l'a gardée pour la garder dans l'Église militante à ses plus fidèles serviteurs et servantes » . Indissociable de la mission du Fils, le pèlerinage de la foi de Marie, s'offre comme « une référence constante pour l'Église [ ... ] et en un sens, pour l'humanité entière  , explique Jean-Paul II. Avançant sur la même route du salut qu'empruntent tous les hommes au long des siècles, l'histoire intérieure de Marie est reliée à l'histoire de nos âmes, croyante ou non. A la Croix, la foi de Marie précède et déjà rejoint la foi de tout homme en route, « avec » ou « vers » le Christ. Mère du salut et Mère de l'Eglise, sa sollicitude maternelle la tourne tout spécialement, et ce, « jusqu'à la consommation de tous les élus dans la gloire » (LG 62), vers les âmes qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas et qui n'aiment pas Dieu. Et à sa sollicitude maternelle, elle nous associe, comme les petits apôtres de son Cœur  immaculé.

CONCLUSION

Je conclue brièvement en formulant des vœux. Toucher de la Miséricorde, apostolat de la sainteté et vie de foi en Marie pour le salut de ceux que l'évangélisation n'a pas atteints, trois regards sur un même mystère pour réentendre aujourd'hui l'appel à collaborer (1 Co 3, 9 , cf Ep 4, 6), avec Marie, à l'œuvre de Dieu dans le monde, par l'Eglise des saints.

C'est un jour béni pour faire mémoire des expériences où Jésus Miséricorde est venu personnellement jusqu'à nous, nous entraînant ainsi dans la générosité du salut, si impatient de se donner.

Une certaine vie et association de prière s'arrêtent, sous la forme actuelle du Groupe de prière des Amis de ND de Fatima.

Et bien, que cette vie, cette amitié avec Notre Dame, enrichies des expériences spirituelles et fraternelles vécues à travers le groupe, depuis 40 ans pour les plus anciens, continuent sous d'autres formes. C'est le plus beau cadeau de reconnaissance que nous puissions offrir à Gabriel et à Lucette Vignon, les fondateurs du Groupe.

Que la célébration d'action de grâce que nous vivons aujourd'hui soit aussi un envoi, pour une mission renouvelée que l'Esprit Saint suscitera et dévoilera dans le temps, au cœur de vos vies !

Amen !

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HOMELIE du Père Pierre VIGNON

                Le samedi 3 mai 1969, suite aux bouleversements de la société dits de 1968, mon père, Gabriel Vignon, entouré de quelques amis et de leurs familles dont je vois certains ici, commença la célébration des premiers samedis du mois. Cela devait durer quarante ans sans interruption.

                Pourquoi le choix de cette dévotion, qui apparaît étrange à certains ? Pourquoi en effet cinq premiers samedis, pourquoi une messe la veille du dimanche alors que la messe anticipée du dimanche venait à peine de se mettre en place dans l’Eglise, pourquoi les confessions qui allaient tant baisser les années suivantes, pourquoi la communion, pourquoi le chapelet, pourquoi Fatima ? Dans la remise en cause universelle de tout et de son contraire, que signifiait ce choix ?

                Comme on le sait, 1968 s’était présenté comme la mort du Père. Le principe paternel était contesté de partout. Des théologiens eux-mêmes ne parlaient-ils pas de la mort de Dieu ? Dans ces conditions, il s’est avéré très judicieux de retourner à la Mère, Marie, que Paul VI venait de proclamer Mère de l’Eglise devant tous les évêques du Concile applaudissant debout.

                La Mère, Marie, s’était manifestée seule, sans son Fils, comme à Lourdes, montrant son Cœur, à Fatima. Et là, elle avait demandé cette pratique déconcertante des cinq premiers samedis du mois. Elle avait pris soin d’ajouter : « A qui embrassera cette dévotion, je promets le salut, ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône. ». La Mère conduisait donc ses enfants vers le Père.

                Il ne servait à rien de s’énerver ni de s’agiter contre les évolutions de la société. Il s’agissait simplement d’être enraciné dans l’essentiel, de façon très simple et très humble. Venez à mon Cœur, dit Marie, et moi je vous conduirai vers le Père. Je vous prendrai tels que vous êtes, pauvres, petits, défaillants, pécheurs, et peu à peu, par la prière, la grâce du sacrement de pénitence, la fréquentation de l’Eucharistie, je vous mettrai en état d’être « des fleurs placées par moi pour orner son trône. » C’est un programme spirituel dont nous sommes incapables, mais si nous nous laissons faire, c’est la promesse qui se réalise.

                Quarante années ont donc passé. J’avais quinze ans, et tous mes cheveux, et je me souviens très bien de cette première célébration. Le bon Père Paulin Grassot, l’un de ces merveilleux curés de la Drôme d’autrefois, fidèle et rayonnant de bonté. Les quelques familles toutes simples, dans la bonne humeur. Et puis ce formidable développement qui s’est ensuivi. Marie menait toute choses, sans bruit, en tenant compte du tempérament des uns et des autres. Silencieuse, elle veillait sur chacun et sur tous, réalisant sa promesse. Elle nous conduisait vers le Père.

                Vers le Père, beaucoup y sont arrivés, et pour certains de façon plus rapide que prévue. Mais elle a tout disposé, et je ne doute pas qu’ils sont dans la joie ineffable, « comme des fleurs placées par moi pour orner son trône ». Que demander de plus ?

                Les temps continuaient d’avancer. Et peu à peu, il n’a plus été possible de faire comme avant. Il y eut des craintes, et des regrets. Mais force était de constater qu’il fallait changer. Aujourd’hui, un grand pas se fait. La célébration des premiers samedis du mois comme telle, en groupe, va cesser. Bien entendu, tous ceux et toutes celles qui pourront le faire de façon privé, en allant à la messe de leur paroisse, et en récitant le chapelet aux intentions du Cœur de Marie, vont continuer. Mais notre groupe prend une nouvelle dimension. L’Association des Amis de Notre-Dame de Fatima a proclamé sa dissolution en assemblée générale, le 24 janvier dernier. Auparavant, le 12 septembre 2004, fête du saint Nom de Marie, a été fondée une autre association, « Un Seul Cœur », qui est chargée de développer avec les moyens contemporains de diffusion, le même mouvement qui animait celui des Amis de Notre Dame de Fatima : Avec le Cœur de Marie, dans le Cœur de Jésus, se tourner par l’Esprit-Saint, vers le Père, pour former un seul cœur.

                En signe de cette évolution, nous avons aujourd’hui la joie profonde d’assister à l’une des premières messes du premier Père de Schoenstatt français. Le mouvement de Schoenstatt, répandu dans le monde entier, encore à l’état embryonnaire dans les pays francophones, développe cette ligne de spiritualité. Marie est celle qui nous conduit vers le Père. A la destruction de la société qui se fait sous nos yeux par le refus de la Paternité de Dieu, elle promeut la reconstruction de la personnalité de chacun et de toutes les formes de communauté, à commencer par celle de la famille, en étant la Mère qui conduit avec amour, d’une façon adaptée à chacun, dans le respect profond de sa liberté, vers le Père.

                Ce serait donc une grave erreur de perspective que de se dire que tout est fini aujourd’hui. Certes, le première partie de l’action de Marie au travers des Amis de ND de Fatima se termine, un chapitre se ferme, mais le livre continue. Un nouveau chapitre est déjà en train de s’écrire. Nous changeons. Les temps changent. Mais Marie est toujours là, toujours fidèle, et elle tient ses promesses.

                Dans les mois qui viennent, une chapelle mariale virtuelle va être mise en ligne sur internet. Tous pourront y avoir accès, et se voir proposer l’essentiel du message, avec un accompagnement spirituel qui aidera beaucoup, je n’en doute pas, à se maintenir fidèles à leur foi dans le Christ. Un fascicule mensuel proposera une formation sérieuse, en particulier avec la diffusion du chapelet médité du premier samedi du mois, et la pratique de l’heure sainte. Beaucoup d’activités, qui pour l’instant sont en germe, vont peu à peu être mises en œuvre. La prière et l’action de tous seront utiles.

                C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui dans une grande action de grâces. Si je traduis en grec « action de grâces », j’obtiens le mot « eucharistie », « merci ». Oui, avec le Cœur de Marie, dans le Cœur de Jésus, disons Merci à la Très Sainte Trinité. Que montent déjà de nos cœurs ces petits bourgeons, ces promesses de fleurs, et de fruits, qui seront disposés avec tant d’art et de cœur par notre Mère, le moment venu.

Soyons d’autant plus confiants que nous ne sommes pas les premiers sur ce chemin de sainteté. Le 8 février 1648, saint Jean Eudes, célébrant à Autun, la première messe en l’honneur du Cœur de Marie, formulait ainsi cet essentiel : « Dieu, tu as voulu que ton Fils unique, éternellement vivant en ton propre cœur, vive et règne dans le cœur de Marie. Donne-nous de célébrer cette vie très sainte de Jésus et de Marie en un seul cœur, de n’avoir qu’un seul cœur entre nous et avec eux, et d’accomplir en tout ta volonté avec amour et de grand cœur. »

                Amen.

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Gabriel Vignon nous a quittés

Après une maladie de plusieurs mois, Gabriel Vignon, né le 13 juin 1920, au Briac. à Saint-Martin-en-Vercors. vient de nous quitter.

Avec lui disparaît le onzième et dernier enfant d'une vieille famille paysanne du Vercors. Résistant pendant la dissidence, il fut arrêté en 1944. Il échappa miraculeusement au peloton d'exécution et s'évada, peu après, du Polygone de Grenoble.

Il fut décoré des médailles : militaire, de la résistance et de la Légion d'honneur. Entré dans les Postes, il passa l'essentiel de sa carrière à Saint-Hilaire-du-Rosier.

En 1969, il fonda un groupe de prière, « Les Amis de Notre-Dame-de-Fatima», qui se réunissent chaque premier samedi pour prier ensemble, et organisa de nombreux pèlerinages dans notre région, en France et en Europe.

Depuis 1976, il s'était établi dans sa maison natale, au Briac. Il était le frère du chanoine Fernand Vignon, fondateur de Peuple Libre.

Le Fondateur des Amis de Notre-Dame de Fatima avait 84 ans.
Nous présentons nos condoléances à son épouse. Madame Lucette Vignon, institutrice à la retraite, à ses enfants, Gérard et Florence, au Père Pierre et à Jean et Emmanuelle.
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Un homme doux et fier

Gabriel Vignon n'était pas un tiède. Pour cela, il s'inspirait de son frère aîné, Fernand, fondateur de notre journal dont il admirait la droiture et la rigueur spirituelle. Un peu « soupe au lait », s'emportant souvent pour défendre ses convictions, Gabriel Vignon était aussi un homme doux et généreux.
Seul Dieu connaît la vérité des êtres mais il nous est parfois donné çl'en percevoir quelques parcelles. Ceux qui ont connu Gabriel ne pouvaient pas douter de sa sincérité. Et ils ressentaient, au plus profond de leurs cœurs, sa grande gentillesse.
Il était fier de son Vercors, fier de sa famille, fier mais jamais froid. Ancien résistant, il était également un véritable « combattant dans la foi. » Il ne s'est jamais écarté de l'œuvre de sa vie, à travers la prière et les pèlerinages, rendant grâce chaque jour. Inlassablement, au service de la vérité à laquelle il croyait. J.-M.C.
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Père Pierre Vignon - Tèl : 06 82 33 77 99 - contact@unseulcoeur.com
 
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