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Fatima et le Coeur de Marie |
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Statue de Notre-Dame de Fatima
dans l'église du Carmel de Coïmbra.
En portugais, sur l"auréole :
« Mon Cœur Immaculé sera ton Refuge ». |
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Récit de la deuxième apparition de
Marie aux trois enfants de Fatima, le 13 juin 1917, d'après le
quatrième Mémoire de Sœur Lucie, rédigé à Tuy sur la demande de
l'évêque et de ses supérieurs, daté du 8 décembre 1941 :
«
Après avoir récité le chapelet avec Jacinthe, François et d’autres
personnes qui étaient présentes, nous vîmes de nouveau le reflet de la
lumière qui s’approchait (ce que nous appelions éclair) et, ensuite,
Notre-Dame, sur le chêne vert, tout comme au mois de mai.
- que voulez-vous de moi ? demandai-je.
- Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous disiez
le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite, je
vous dirai ce que je veux.
Je demandai la guérison d’un malade.
- S’il se convertit, il sera guéri durant l’année.
- Je voudrais vous demander de nous emmener au ciel.
- Oui, Jacinthe et François, je les emmènerai bientôt mais toi, tu
resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin
de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la
dévotion à mon cœur immaculé.
- Je vais rester ici toute seule ? demandai-je avec peine.
- Non, ma fille. Tu souffres beaucoup ? Ne te décourage pas, je ne
t’abandonnerai jamais ! Mon cœur immaculé sera ton refuge et le chemin
qui te conduira jusqu’à Dieu.*
Ce
fut au moment où elle prononça ces dernières paroles qu’elle ouvrit les
mains et nous communiqua, pour la seconde fois, le reflet de cette
lumière immense. En elle, nous nous vîmes comme submergés en Dieu.**
Jacinthe et François paraissaient être dans la partie de cette lumière
qui s’élevait vers le ciel, et moi dans celle qui se répandait sur la
terre. Devant la paume de la main droite de Notre-Dame se trouvait un
cœur, entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Nous avons compris
que c’était le cœur immaculé de Marie, outragé par les péchés de
l’humanité, qui demandait réparation.
Voici, Excellence, *** ce à quoi nous faisions allusion lorsque nous disions que Notre-Dame nous avait révélé un secret **
en juin. Notre-Dame ne nous avait pas demandé encore cette fois-là de
garder le secret, mais nous sentions que Dieu nous y poussait. »
* La
relation de Pontevedra du 17 décembre 1927 précise : « A qui embrassera
cette dévotion, je promets le salut, ces âmes seront chéries de Dieu,
comme des fleurs placées par moi pour orner son trône. »
** Le
quatrième Mémoire de Sœur Lucie donne les précisions suivantes quand
elle parle de l’influence de cette apparition sur François : « Lors de
la seconde apparition du 13 juin 1917, François fut très impressionné
par la communication du reflet de lumière qui, comme je l’ai déjà dit
dans le second écrit, eut lieu au moment où Notre-Dame disait : « Mon
cœur immaculé sera ton refuge, et le chemin qui te conduira jusqu’à
Dieu ». Sur le moment, il ne parut pas comprendre ce qui se passait,
peut-être parce qu’il ne lui était pas donné d’entendre les paroles qui
accompagnaient le geste de Notre-Dame. Aussi il me demanda ensuite : «
Pourquoi Notre-Dame avait-elle un cœur dans la main, répandant sur le
monde cette lumière si grande, qui est Dieu ? Tu te trouvais avec
Notre-Dame dans la lumière qui descendait vers la terre, et Jacinthe
avec moi, dans celle qui montait vers le ciel ». - C’est que, lui
répondis-je, toi et Jacinthe, vous irez bientôt au ciel, et moi je
resterai avec le cœur immaculé de Marie quelque temps encore sur la
terre.
- Combien d’années resteras-tu ici ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas, beaucoup d’années. [jusqu’au 13 février 2005]
- C’est Notre-Dame qui te l’a dit ?
- Oui, c’est elle, et je l’ai vu dans cette lumière qu’elle nous mettait dans la poitrine.
Jacinthe confirma ce que je disais en déclarant : « Oui, c’est bien ainsi ! Moi aussi, je l’ai vu ainsi » !
Il disait parfois : « Les gens sont bien contents, quand nous leur
disons que Notre-Dame nous a ordonné de réciter le chapelet et
d’apprendre à lire ! Que serait-ce s’ils savaient ce qu’elle nous a
montré en Dieu dans son cœur immaculé, dans cette lumière si grande !
Mais c’est secret cela, on ne le leur dira pas. Il est préférable que
personne ne le sache ». Depuis cette apparition, nous avons commencé à
dire lorsqu’on nous demandait si Notre-Dame ne nous avait rien dit de
plus : « Si, elle a dit autre chose, mais c’est un secret ». Si on nous
demandait pourquoi c’était un secret, nous haussions les épaules et,
baissant la tête, nous nous taisions. Mais, après le 13 juillet, nous
disions : « Notre-Dame nous a dit de ne le dire à personne », nous
référant alors au secret imposé par Notre-Dame. »
*** Don José Alves Correia da Silva, évêque de Leiria. |
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Jacinthe et le cœur immaculé de Marie (d'après le troisième Mémoire de Sœur Lucie, fait à Tuy, le 31 août 1941)
Le coeur immaculé de Marie
Bien, Excellence, il me semble avoir déjà dévoilé la première partie du secret.
La seconde se rapporte à la dévotion au coeur immaculé de Marie.
J'ai déjà dit, dans le second écrit, que Notre-Dame, le 13 Juin 1917,
m'assura que jamais Elle ne m'abandonnerait et que son coeur immaculé
serait mon refuge, et le chemin qui me conduirait à Dieu. Ce fut en
prononçant ces paroles qu'elle ouvrit les mains et fit pénétrer dans
notre poitrine le reflet de lumière qui en sortait. Il me semble que,
ce jour-là, ce reflet avait pour but principal de mettre en nous une
connaissance et un amour spécial envers le coeur immaculé de Marie ; de
même que les deux autres fois, il avait eu ce même but, mais par
rapport à Dieu et au mystère de la très sainte Trinité. Depuis ce jour,
nous sentîmes au coeur un amour plus ardent envers le coeur immaculé de
Marie. Jacinthe me disait de temps en temps : «Cette Dame a dit que son
coeur immaculé serait ton refuge, et le chemin qui te conduirait à
Dieu. N'aimes-tu pas cela beaucoup ? Moi, j'aime tant son coeur, II est
si bon !»
Après qu'au mois de juillet, dans le secret, comme je l'ai déjà exposé,
elle nous eût dit que Dieu voulait établir dans le monde la dévotion à
son coeur immaculé, que, pour empêcher la guerre future, elle viendrait
demander la consécration de la Russie à son coeur Immaculé ainsi que la
communion réparatrice des premiers samedis, Jacinthe disait, quand
nous en parlions entre nous : «Je regrette tellement de ne pouvoir
communier en réparation des péchés commis contre le coeur immaculé de
Marie !»
J'ai dit aussi comment Jacinthe avait choisi, parmi les prières
jaculatoires que le Père Cruz nous avait suggérées, celle de «Doux
coeur de Marie soyez mon salut» ! Quelquefois, après l'avoir dite, elle
ajoutait avec cette simplicité qui lui était naturelle : «J'aime
tellement le coeur immaculé de Marie ! C'est le coeur de notre petite
maman du ciel ! N'aimes-tu pas beaucoup répéter souvent : Doux coeur
de Marie, coeur immaculé de Marie ? Moi j'aime tellement cela,
tellement !»
Quelquefois, elle cueillait des fleurs des champs, et chantait, avec
une musique qu'elle inventait elle-même en même temps : « Doux coeur de
Marie, soyez mon salut, coeur immaculé de Marie, convertissez les
pécheurs, sauvez les âmes de l'enfer».
Amour de Jacinthe pour le coeur Immaculé de Marie
Peu de temps avant de partir à l'hôpital elle me disait : II ne me
manque plus beaucoup de temps pour aller au ciel. Toi, tu resteras ici
afin de dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au coeur
immaculé de Marie. Le moment venu de le dire, ne te cache pas. Dis à
tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du coeur
immaculé de Marie ; que c'est à elle qu'il faut les demander ; que le
coeur de Jésus veut qu'on vénère avec lui le coeur immaculé de Marie ;
que l'on demande la paix au coeur immaculé de Marie, car c'est à elle
que Dieu l'a confiée. Si je pouvais mettre dans le coeur de tout le
monde le feu que j'ai là dans ma poitrine, et qui me brûle et me fait
tant aimer le coeur de Jésus et le coeur de Marie ! Un jour, on me
donna une image du coeur de Jésus assez jolie, autant que les hommes
peuvent le faire. Je l'apportai à Jacinthe.
- Veux-tu cette image ?
Elle la prit, la regarda avec attention et dit :
- Elle est bien vilaine ! Cela ne ressemble pas du tout à
Notre-Seigneur qui est si beau ! Mais je la veux, c'est lui tout de
même !
Elle la portait toujours sur elle. La nuit et pendant sa maladie, elle
la gardait sous son oreiller jusqu'à ce qu'elle se fût déchirée. Elle
l'embrassait fréquemment et disait :
- Je l'embrasse sur son coeur, c'est ce que j'aime le plus. Que je
voudrais aussi un coeur de Marie ! Tu n'en as pas ? J'aimerais les
avoir tous les deux ensemble.
Une autre fois, je lui apportai une image qui représentait le saint
calice avec une hostie. Elle la prit, l'embrassa et rayonnante de joie
elle disait :
- C'est Jésus caché ! Je l'aime tellement ! Qui me donnera de le
recevoir à l'église ! Communie-t-on au ciel ? Si on peut y communier,
je communierai tous les jours. Si l'Ange venait à l'hôpital m'apporter
de nouveau la sainte communion, que je serais contente !
Lorsque, parfois, je revenais de l'église, et que j'entrais chez Jacinthe, elle me demandait :
— As-tu communié ?
Si je lui disais que oui :
- Viens près de moi, ici tout près, toi qui tiens en ton coeur Jésus caché.
D'autres fois elle me disait : Je ne sais pas comment cela se fait, je
sens Notre-Seigneur en moi, je comprends ce qu'il me dit, et je ne puis
ni Le voir ni l'entendre, mais c'est si bon d'être avec Lui !
Dans une autre occasion :
- Ecoute, sais-tu ? Notre-Seigneur est triste parce que Notre-Dame nous
a dit de ne plus l'offenser, qu'il était déjà trop offensé, et personne
n'en fait cas, on continue à faire les mêmes péchés. |
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